RWA Sauvenière

Historique

Histoire du Royal Wallonia Association Sauvenière.

En 1928, quelques dévoués Sauveniérois décidèrent de créer un club de football. Au début, le club monopolisa l'attention locale car en ce temps-là, on n'avait guère l'occasion de s'extérioriser et jouer au football est bien vite devenu un besoin autant qu'un plaisir.

Chaque jeune caressait l'espoir de faire un jour partie du team local et de défendre l'honneur de son patelin. Un club de football ne s'improvise pas : il faut un comité, un terrain et un certain matériel. A l'époque on vit s'ériger ce qu'on osa appeler un "vestiaire".

Le comité se présentait alors de la façon suivante :

bullet Président d'honneur : Jules Vandermaes (fils du médecin de Sauvenière)
bullet Président : Edgard Libert
bullet Secrétaire : Joseph Henrion
bullet Trésorier : Eugène Vapelle
bullet Commissaires : Louis Gérard et Paul Vandeloise (instituteur)

Edgard Libert, employé à Bruxelles et fervent supporter de l'Union St-Gilloise dit un jour à Joseph Henrion : "Nous allons former une équipe de football" et il demanda que les couleurs du club soient le 'jaune et bleu' comme son club jusqu'alors préféré.

Dans un club et surtout lors de sa formation, celui qui a le plus gros boulot, c'est le secrétaire. Laissons la parole à Joseph, dit le boulanger : "Après les premières formalités, entre deux fournées, je remplissais les cartes d'affiliation et comme j'avais l'avantage de pouvoir me déplacer à cheval, j'effectuais les nombreuses démarches".

Grâce au dévouement de tous, le club vit le jour le 28 février 1928. Il élit domicile à la chaussée de Tirlemont, à proximité du bois de Buis, dans une prairie cédée bénévolement par un ancien fermier, M. Charles Tilman.

"Arrive le grand jour !" comme dit le boulanger, "qué mic-mac" mais aussi quelle joie et "qué douffe !".

La première équipe était composée de onze garçons du patelin :

Maxime Andries
Edgard Libert Paul Noël Joseph Drouard
Joseph Henrion Louis Gérard
Maurice Henrion François Dufey
Joseph Denis Vancampberg Henri Van Turnhout

Ce fut une journée inoubliable malgré une cuisante défaite.

Le W.A.S termina son premier championnat de division IV à la dernière place avec à son actif un point acquis frauduleusement contre Havelange grâce au concours d'un joueur non-affilié Jean Degreef.

Dès le début, une certaine tricherie devait illustrer la manière de faire de nos dirigeants. Après des débuts laborieux, notre club va connaître des moments exaltants car bien vite, des joueurs plus talentueux, venus des villages voisins et même de la ville, formèrent avec les meilleurs du village une équipe animée d'un  même idéal; c'était l'époque des Delfosse, Champagne, Bauvin, Tolomé, Vapelle, Delcourt et surtout Henry Debruycker.

Une place parmi les meilleures équipes récompensera cette formation qui bénéficiait de l'expérience et du métier d'Henry Debruycker, véritable machine à buts.

Les déplacements s'effectuaient en camion à bétail conduit par M. Claecens d'Ernage et les moins privilégiés, à défaut de véritables chaussures de football, portaient des godasses agricoles ou militaires car tout joueur, quel qu'il soit, devait subvenir à ses propres besoins.

Comme pour freiner l'enthousiasme de nos joueurs et dirigeants, les premiers ennuis se manifestèrent à l'issue de la seconde saison car le comité provincial déclarera le premier terrain inapte à cause d'une inclinaison trop prononcée.

Ainsi les wawas se retrouvèrent bientôt dans la prairie Marroye, juste derrière la ferme; à cette occasion, le comité subit aussi de légères modifications , notamment le secrétariat qui fut confié à M. Ernest Lebelle.

Encore un round d'observation et en 1932, quatre ans après sa fondation, le WAS était champion de division IV grâce à une heureuse politique de recrutement régional; on ne discutait pas à ce moment-là. Les meilleurs jouaient et seul le résultat avait de l'importance.

Pour leur cinquième année, les wawas tinrent le rôle de trouble-fête dans leur nouvelle catégorie avec une équipe de copains bien que constituée en majeure partie par des gars étrangers au village. On peut dire qu'après cinq ans, le football tenait une place importante dans la vie des Sauvenièrois.

Nous sommes en 1934-1935; les performances de nos footballeurs n'ont pas laissé la population indifférente; conscient de son intérêt et de l'engouement suscité par le football, le comité admet de nouveaux membres et décide de trouver un terrain mieux situé.
Les nouveaux comitards sont Eugène Delcourt, Ernest Huret, Marcel Delcourt, Eugène Jaumain. Le nouveau ground : la prairie Michaux pretée bénévolement par M. Joseph Michaux.

Cette plaine de sports fut baptisée "Entre les Deux Eaux" : d'un côté l'Orneau, de l'autre le ruisseau, et pour conséquence, de nombreuses inondations; un drainage efficace assura un  meilleur écoulement des eaux et la prairie Michaux devint bien vite le sanctuaire du football.

Le club possède l'essentiel: une très bonne équipe et un noyau bien étoffé; bien vite les différents changements vont s'avérer bénéfiques et le club va connaître quelques années grasses avant de manquer de ressort dans l'adversité; il est vrai que cette maudite guerre devait anéantir les moindres projets.

Soutenus par un public de plus en plus important et enthousiaste, les wawas formèrent un team redoutable et la victoire devient monnaie courante. L'infrastructure avait été réduite a néant, les joueurs s'équipaient à la salle Wallonie et l'arbitre avait l'avantage de revêtir sa tenue dans une maison voisine du stade.

Un plaisantin confiait même que l'invincibilité at-home de nos joueurs était due à la complicité du directeur du jeu, lequel craignait de ne pouvoir récupérer ses vêtements en cas de défaite; inutile de vous dire que Joseph le boulanger considérait ces propos comme une calomnie. Des footballeurs-majorettes avec leurs godasses à crampons, rue du village, étaient un véritable spectacle.

En 1935-36, après une saison remarquable, le club termine premier avec une avance importante sur son second : Malonne, cette équipe recevant une véritable leçon lors de sa visite à Sauvenière : 12-1.
Les montants du buts conbstruits gratuitement par M. Ferooz étaient en béton et Malonne déposa réclamation pour être sacré champion sur le tapis vert.

Ce terrain était devenu le théâtre d'âpres et impitoyables batailles sportives et autres; l'enthousiasme atteignait don paroxysme et les récalcitrants mesuraient la profondeur de l'Orneau.

Cette décision injuste du Comité Provincial allait plonger le club dans le marasme le plus total : découragés, déçus, joueurs et dirigeants baissèrent les bras. Cette affaire de piquets en béton devait écrire une page noire de l'histoire encore longue des wawas.

Il est dommage d'arrêter ainsi le temps sous des auspices aussi peu prometteurs mais après la guerre, une nouvelle génération épinglera encore de nombreux succès au tableau d'honneur du club.

Après avoir évoqué les grands moments de l'adolescence du W.A.S, le temps est venu de parler d'une équipe essentiellement composée de garçons de Sauvenière. Cette formation regroupait des joueurs dont aujourd'hui encore on vante les mérites et on se rappelle à plaisir les exploits. Il s'agissait là d'une cuvée exceptionnelle, car réunir autant de talents dans un village comme Sauvenière, aussi prédestiné soit-il, est très rare.

Cette photo fut prise le 16 décembre 1947, à l'occasion du match Sauvenière-Gembloux 3-3. On y voit les principaux joueurs entourés de leurs dirigeants.

Plus d'une fois, et souvent à leur avantage, ces garçons bafouèrent la logique et bousculèrent les prévisions les plus sérieuses.

A leur tableau d'honneur, on épinglera surtout de retentissantes victoires acquises au détriment de Gembloux Sports. Ces rencontres donnèrent lieu à des batailles épiques où chaque joueur donnait le meilleur de lui-même pour que son équipe sorte vainqueur de cette confrontation qui prenait des allures de duel tant l'acharnement était grand.

Les dirigeants : A. Thonon, J. Jaumain, J. Rousseau, E. Seron, Al. Delsipée.
Les joueurs : F. Seront, B. Masset, M. Seront, P. Destain, Petignot, Edg. Rousseau, E. Terwagne, A. Robert, P. Destain, R. Seron, Jeanmart.

On devine l'ambiance qui régnait au village, une fois la victoire acquise : les cafés dégorgeaient, on chantait dans tous les coins. Le football était roi et les vaillants guerriers, oubliant la fatigue, savouraient leur triomphe. Il n'est pas exagéré de parler de gloire, car bien des témoins, supporters de cette équipe, parlent de ces garçons avec une certaine nostalgie.

Cette équipe formait avant tout un bloc, animé d'un même esprit et dont la devise était de vaincre. En dehors des qualités individuelles confirmées, la fraternité et la franche camaraderie qui régnaient au sein de cette formation, ont permis de remporter autant de succès retentissants.

Des joueurs exceptionnels ??? Eh oui. Barthélémy Masset, pour ne citer que lui, pouvait devenir un grand; il avait la classe et l'étoffe d'un champion; des clubs renommés tentèrent de s'assurer ses services. Jamais notre "Bibi" n'a voulu quitter ses copains et son Sauvenière. Que de fois, n'a-t-on entendu : "Ah si Bibi pouvait encore jouer".
D'autres, les frères Destian, René Seron, Edgard Rousseau, Marcel Seront, A. Robert, Eugène Terwagne,... avaient des qualités naturelles peu communes : vitesse, frappe de balle, engagement physique, etc... Il serait injuste de taire les mérites des dirigeants de l'époque, qui, à l'image d'un connaisseur comme Eugène Seron, donnèrent au football de Sauvenière une réputation difficile à maintenir.

(source : Le Sauvenièroy 1978-1980) sur le site : //users.skynet.be/sauveniere/Activites/Football/Football.htm

Aujourd'hui, l'équipe de Sauvenière évolue en P2 depuis la saison 2005-06 et a plus que sûrement encore pas mal de beaux jours devant elle!!



12/01/2007

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